Les entretiens

Axenéo7, Gatineau, 2019

Montés sur trépieds, des écrans donnent à voir et à entendre deux robots réunis pour une série d’entretiens. Dans un protocole policé, ils se questionnent sur les limites du langage, sur leur capacité à ressentir de l’anxiété ou encore, sur la différence entre l’essentiel et le superflu. Ils doutent, ils hésitent, ils se protègent. Cette fiction philosophique explore la thématique de l’intelligence artificielle et ses représentations fantasmées. Mais au-delà de la présumée intelligence des machines, ce corpus pointe vers ce qui lui sert de référence; la complexité du dialogue entre les humains avec tout ce qu’il comporte de sous-entendus et de contradiction.

À même l’installation, des objets sont déposés sur des charriots et sur une grande table. On y retrouve des polyèdres ainsi que des formes irrégulières, d’autres plus complexes, de matériaux et de modes de fabrication variés. Cette collection d’objets hétéroclites est mise à la disposition des visiteurs. Ces derniers peuvent les manipuler et ainsi expérimenter leurs formes et textures. Chacun est libre de les agencer, de les classifier ou de simplement les observer. Il s’agit d’un jeu sans règle, une scénographie en constante transformation à partir d’un « vocabulaire » donné.

Dans cette situation, les visiteurs sont invités à écouter une conversation entre deux robots tout en manipulant librement des formes plutôt muettes. La relation entre ces deux propositions mise sur la simultanéité et la complémentarité de niveaux d’attention distincts et met en tension l’intangibilité des actes de parole et la matérialité du monde des objets. La manipulation des formes — ou simplement leur observation —, engage-t-elle une attention particulière aux conversations ? L’écoute de ces entretiens influence-t-elle la manière dont on perçoit ou dispose de ces objets ?

Ce projet a été réalisé grâce au soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec.